L’infidèle – ÉPISODE 4

L’infidèle – ÉPISODE  4 – Le choc

 

Carl ouvrait à peine les yeux. Il était 8h00 du matin. Cette journée de repos s’annonçait morose. Le temps n’était pas du tout le même que la veille. Le soleil et la chaleur avaient disparu pour laisser place à un ciel couvert et une fraîcheur surprenante pour un mois de juin. Il se retourna dans le lit, mais ne vit pas Éléonore qui pourtant ne prenait son service qu’en milieu d’après-midi car elle était de garde pour la nuit.
Il se leva et se dirigea vers la cuisine pour y prendre son petit déjeuner. Alors qu’il franchissait la porte de la chambre, une divine odeur fit frémir ses narines : du pain grillé !
Il trouva Éléonore dans la cuisine empressée à préparer tout un tas de choses à manger. Carl leva les sourcils d’un air interrogateur. Sans même dire bonjour à sa femme, il lança la conversation :

-J’ai loupé quelque chose ?
-Pardon ?
-Fêtons-nous quelque chose ?
-Non, pas du tout. Je vois que tu es en forme pour la taquinerie de bon matin.
-Pardonne-moi. En vérité, je suis agréablement surpris. Depuis notre déjeuner au restaurant, je ne te reconnais plus. Cela dit, ce n’est pas fait pour me déplaire.
-Tu m’en vois ravie. Profites-en, on ne sait jamais, ça pourrait ne pas durer…
-Bon Éléonore, si tu as quelque chose à me dire, fais-le !
-Moi, non…
-Eh bien moi non plus, donc tout va bien.

Carl s’en voulait à chaque fois d’être sur la défensive, mais l’attitude de sa femme le rendait fou. Quant à Éléonore, elle voyait bien que ses efforts étaient remarqués, malheureusement ceux-ci n’avaient pas encore assez d’impacts.
-Carl, je dois faire quelques courses ce matin. Je te laisse terminer ton petit déjeuner sans moi.
-Laisse-moi le temps de me préparer et allons-y tous les deux.
-Je préfère partir maintenant, avec les bouchons j’aime autant ne pas perdre de temps. J’aimerais être rentrée avant midi.
-Rassure-toi, je n’en ai pas pour longtemps.
-Non Carl, je n’ai vraiment pas envie d’attendre. Profite de toutes ces bonnes choses que je t’ai préparées, on se retrouve au déjeuner.
Elle l’embrassa, attrapa une veste et sortie d’un pas décidé. Carl remarqua qu’elle était déjà chaussée. La porte à peine claquée, il sauta sur son portable pour appeler Anna. Toujours pas de réponse. Il décida de se préparer et de se rendre chez sa maîtresse.

*******

Éléonore se gara le long du trottoir devant un immeuble. L’endroit ne laissait pas supposer qu’elle puisse aller faire des courses. Elle descendit de voiture et s’engouffra sous un porche aboutissant sur une cour. Elle poussa une vieille porte en bois puis monta l’escalier. Elle s’arrêta au premier et sonna à la première porte. Quelques secondes à peine et la porte s’ouvrit :

-Anna, tu es là. Il faut qu’on parle !
-Oui bien sûr entre. Je te sers quelque chose ?
-Non merci, je n’ai pas beaucoup de temps.
-Que se passe-t-il ?
-Je vais aller droit au but : connais-tu mon mari ? Es-tu entrée en contact avec lui ?
-Éléonore, tu n’as jamais voulu me présenter ton mari, tu m’as toujours dit que c’était encore trop tôt et que ça ne serait possible que si Stan décidait de dire la vérité à Eva.
-Donc, tu n’as pas essayé d’entrer en contact avec lui pour obtenir des informations ?
-Non, je te jure que non. Pourquoi toutes ces questions ?
-Bon sang ! Mais qui est cette Anna alors ? Un diminutif peut-être ? Ou un faux nom dans son répertoire ?
-Pourrais-tu enfin m’expliquer de quoi tu parles ?!
-Écoute, je suis convaincue que mon mari a une maîtresse depuis quelques temps. Hier soir, il s’est presque emporté lorsque j’ai voulu décrocher le téléphone à sa place, j’ai donc jeté un œil sur l’écran avant de le reposer et j’ai vu le prénom « Anna » s’inscrire sur l’écran.
-En effet, je comprends.
-Pour l’instant, restons concentrées sur le repas prévu demain soir chez Stan et Eva. Tu feras enfin la connaissance de Carl.
Anna s’écria :
-Carl ?
-Oui, Carl, mon mari.

Anna se sentit mal. Éléonore ne se rendit compte de rien absorbée par ses doutes.

-Je dois filer. Tu es sûre que tu te sens prête pour demain ?
-Pas vraiment, je sais que Stan ne peut plus vivre comme ça, mais je ne suis plus très sûre que ce soit le moment.
-Eva est ma meilleure amie, je la connais bien, le coup va être dur et il faudra du temps, mais tout se passera bien. Je file, j’ai encore mes courses à faire.
Éléonore embrassa affectueusement Anna sur le front et se dirigea vers la porte :
-Appelle-moi si ça ne va pas. À demain.

Anna fit un signe de la main à Éléonore sans pouvoir dire un mot et referma la porte. Elle se laissa tomber sur le canapé en se souvenant des paroles d’Éléonore.

“Hier soir, il s’est presque emporté lorsque j’ai voulu décrocher le téléphone à sa place, j’ai donc jeté un œil sur l’écran avant de le reposer et j’ai vu le prénom d’Anna s’inscrire sur l’écran »

C’était précisément à ce moment là qu’elle avait tenté de joindre Carl. Anna était horrifiée. Carl, son amant, était le mari de celle qui lui était venue en aide à la demande de Stan ce fameux jour à l’hôpital qui dans le même temps avait aussi confié son gros secret à Éléonore. Elle et Anna s’étaient revues souvent, en premier par obligation, puis ensuite par amitié. Jamais Éléonore n’avait prononcé le nom de son mari. D’ailleurs, elle en parlait rarement. Anna était désormais la seule à posséder toutes les cartes, à tout savoir. Elle voulait à tout prix fuir cette soirée du lendemain.
Elle prit son téléphone pour appeler Carl. À ce moment, celui-ci effectuait ses manœuvres pour se garer en bas de chez elle.
Son téléphone sonna. Encore dans la voiture, il décrocha :

-Anna, enfin ! Je suis en bas de chez toi. Je monte.

Il raccrocha. Éléonore était en bas. Le drame allait se produire. Anna se précipita à la fenêtre :

-Éléonore !

Elle leva la tête. Carl abasourdi referma en un éclair la porte de sa voiture et profita de leur brève conversation pour se garer plus loin. Malheureusement, aucune place de libre. Il choisit de faire le tour en espérant que sa femme soit partie pour prendre sa place et ainsi éviter la rencontre. À son retour la voiture d’Éléonore s’éloignait. Anna était toujours à la fenêtre lui faisant des gestes incontrôlés pour lui indiquer de vite monter.
Carl la regarda furtivement, il était comme fou, fou d’inquiétude, de rage, d’angoisse. Il était en plein cauchemar. C’est en courant qu’il passa le porche, traversa la cour, monta l’escaliers quatre à quatre et tambourina à la porte.
La porte s’ouvrit, il entra violemment…

A SUIVRE…  OW_banner_95191

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[Inspiré par Bernieshoot] *voir commentaires épisode 3

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