L’infidèle – ÉPISODE 13

L’infidèle – ÉPISODE 13 –  Éléonore

Dès que Stan fut parti, Anna enfila un short en jean et un débardeur, se faufila dans le couloir et frappa à la porte de Julien, son voisin.

Elle trouva les deux hommes prostrés dans un silence religieux qui diffusait une ambiance gênante. Elle remercia Julien pour sa complicité et sa bienveillance et s’apprêta à sortir accompagnée de Carl quand son énigmatique voisin lui glissa discrètement un papier dans la main. Elle s’arrêta, le regarda fixement d’un air interrogateur. Celui-ci écarquilla les yeux tout en posant son doigt sur sa bouche, lui faisant ainsi comprendre qu’elle ne devait rien laisser paraître. Ce petit instant étrange échappa à Carl qui leur tournait le dos. Anna mit négligemment le petit mot dans la poche arrière de son short et rentra chez elle avec son amant.

-Carl, nous allons devoir être plus vigilant. Entre ma mère biologique et mon père, la situation devient de plus en plus compliquée et risquée. Il se doute de quelque chose, j’en suis sûre.
-J’ai envie de toi.
-Carl, est-ce que tu m’écoutes ?
-Je ne fais que ça, je bois tes paroles, je vais te faire l’amour Anna.
-Carl, ça suffit, qu’est-ce qu’il te prend ? Réveille-toi, nous ne contrôlons plus rien, cette histoire va tourner au drame !

Carl la dévorait des yeux, il ne l’écoutait pas. Une sorte de transe s’était emparée de lui. Ces comportements incontrôlables devenaient de plus en plus fréquents, tout comme ses colères. Cette fois, c’était une pulsion sexuelle intense qui lui exorbitait les yeux les faisant briller d’un désir presque bestial. Anna l’observait, prête à le repousser. Elle se demandait si tous ces événements de cette semaine ne l’avaient pas perturbé au point de ne plus se raisonner.

-Carl, tu devrais rentrer, Éléonore doit t’attendre.
À ces mots, Carl eut un éclair de lucidité. Il prit son portable pour appeler Éva :

-Allo ?
-Éva, c’est Carl. Je ne vais pas tarder, j’ai une course à faire avant de revenir. J’aimerais savoir si Éléonore va bien ?
-Oui, elle dort dans notre chambre. Elle souhaitait se reposer avant la soirée.
-La soirée ? Nous l’avions annulée non ?
-Oh mais que je suis bête, je ne t’ai même pas prévenu ! Finalement, Stan a proposé de faire une plancha et Éléonore étant emballée, nous avons décidé de faire une soirée improvisée.
-Très bien… Dans ce cas, je fais au plus vite pour vous rejoindre. Je règle un dernier détail et j’arrive.
-Pas de problème Carl, prend ton temps. On se voit tout à l’heure.

Carl raccrocha. Il semblait soudainement avoir repris ses esprits, comme si quelque chose l’avait désenvoûté. Il s’agitait dans tous les sens, enfilant sa chemise tout en rassemblant clés de voiture, portefeuille et autres affaires éparpillées chez Anna.

-Carl que se passe-t-il ?
-Je dois partir, visiblement la soirée est maintenue à un détail près, c’est que cette fois, il semble que ton père ne t’ait pas invitée !
-Curieux en effet, il ne m’en a pas reparlé.
-C’est une soirée improvisée, il n’a peut-être pas l’intention d’en faire ce qui était prévu au départ.
-Sans doute. C’est peut-être ce qu’il y a de mieux compte tenu des circonstances.
-Sans doute oui.

Carl était redevenu froid, préoccupé. Ces changements d’humeurs étaient pour le moins déconcertant mais surtout inquiétant. Il embrassa Anna du bout des lèvres, lui assurant qu’il l’appellerait dès que possible. Puis il partit, tel un courant d’air, comme si de rien était.

*******

Stan avait choisi de s’affairer à la cuisine plutôt que de continuer sa conversation avec Éva. Mais celle-ci était bien décidée à profiter de ce moment, seule avec lui pour approfondir le sujet.

-Mon chéri, je vais devoir te présenter ma sœur à un moment ou à un autre. Je veux que tu me donnes tes impressions. Comme tu ne la connais pas, j’ai pensé qu’un avis totalement extérieur serait utile.
-Je ne suis pas sûr de pouvoir t’aider.
-Nous verrons bien. Mais dis-moi, ton amie se joindra-t-elle à nous ce soir ?
-Non, je ne pense pas. De toute façon, je ne l’ai pas prévenue puisque nous avions annulé et que finalement, nous improvisons cette soirée. Ce sera pour une autre fois.
-Comme tu veux. Ma sœur m’a dit qu’elle repartait demain soir. Je l’appellerai demain matin afin que l’on se voie avant son départ.
-Je croyais que tu ne voulais pas savoir ce qu’elle avait à te dire ?
-Ce sera plus pesant de la laisser repartir sans savoir que de l’écouter juste quelques minutes.
Stan se sentit envahi par la nervosité et le stress. Il cherchait un moyen d’éviter la rencontre et également le moyen de révéler à Éva l’identité d’Anna. Compte tenu du retour de Nicole, cet aveu était-il encore possible ?

*******

Carl était en route pour l’appartement de Jimmy. Il tenait à s’expliquer sur le comportement de celui-ci pendant leur dernière soirée avant de rejoindre tout le monde.
Lorsque Jimmy entendit frapper, il manqua de tomber en descendant du plan de travail sur lequel il était toujours assis inerte. Il ouvrit la porte machinalement. À la vue de Carl, il la laissa ouverte, l’invitant à entrer tout en retourna s’asseoir.

-Bonjour Jimmy, tu n’as pas l’air en forme ?
-Pas vraiment, je suis devant mes placards depuis ce matin et je n’ai toujours pas déjeuné.
-Sais-tu seulement l’heure qu’il est ?
-Non, et je m’en fous. Je crois que cette journée est foutue de toute façon.
-Parfait ! Alors tu ne verras pas d’inconvénients à ce que je la rende un peu plus pénible ?!
-Pourquoi ?
-J’aimerais avoir une explication sur tes propos lorsque nous sommes sortis.
-Ça va poser un petit problème, car je ne me souviens de rien !
-Ne me prends pas pour un con Jimmy. Même si tu ne te souviens pas de cette soirée, tu devrais être en mesure de m’apporter un petit éclaircissement sur la façon dont tu considères ma femme !
-C’est quoi cette question ?
-Laisse-moi te rafraîchir la mémoire !

Carl expliqua très nerveusement à son ami son comportement et ses propos lors de leur retour de soirée. Jimmy semblait pâlir à chaque mot. L’effet cinglant des phrases de Carl eut pour effet de le faire revenir à la réalité lui permettant ainsi de sortir du brouillard causé par l’abus de l’alcool de la veille. Il tenta de noyer le poisson en prétextant le trou de mémoire.

-Jimmy, es-tu amoureux de ma femme ?
-Pardon ? Tu n’es pas sérieux ?
-Certains comportements et certaines paroles ne trompent pas Jimmy…
-Carl, j’avais bu !
-Raison de plus ! L’alcool délie les langues et nous rend plus spontané.
-Et merde ! Même si ça devait être vrai, je te rappelle que tu trompes ta femme depuis six mois !
-Quel est le rapport ? Peut-être éprouves-tu des sentiments pour ma femme depuis bien plus longtemps ?
-Je suis juste partagé entre toi qui est mon ami et Éléonore que j’apprécie beaucoup.
– À d’autres…
-Écoute, ne pourrait-on pas parler de ça une autre fois, j’ai terriblement mal au crâne et je suis crevé.
– À chacun sa sentence mon ami ! Cela dit, en effet nous en reparlerons, car pour le moment je dois partir. Stan et Éva ont finalement improvisé une soirée et j’aimerai les rejoindre le plus tôt possible pour discuter un peu avec Éléonore avant le début de soirée.
Sur ces mots, Carl tourna les talons en lançant :

– À très vite Jimmy !

Puis il claqua la porte. En descendant, dans le hall de l’immeuble, Carl heurta une femme. Il releva la tête pour s’excuser, mais fut arrêté par la béatitude de celle-ci. Elle le regardait stupéfaite. Il se mit à penser que ce monde était vraiment rempli de cinglés puis lui adressa un signe de tête en guise d’excuses avant de rejoindre sa voiture. Elle le regarda jusqu’à ce qu’il fût hors de sa vue…

*******

Éléonore sortit de la chambre, fraîche comme la rosée du matin. Elle trouva Stan en cuisine un torchon à la main :

-Stan ! s’écria-t-elle, tu es de corvée de cuisine ? Où est Éva ?
-Dans la salle de bains, elle se rafraîchit, elle avait envie d’une douche.
-Et toi, pas besoin d’un petit rafraîchissement ? dit-elle ironiquement.
-euh… non, pourquoi ?
-La soirée promet d’être riche en émotions, tu devrais peut-être songer à te préparer toi aussi !
-Éléonore tout va bien ? Tu n’as pas l’air dans ton assiette ? Toujours sous le choc peut-être ? J’espère sincèrement que la mémoire te reviendra.

Éléonore éclata de rire. Un rire cynique révélateur.

-Oh mon pauvre Stan… Crois-tu vraiment que ma mémoire se soit envolée ?
-Mais que t’arrive-t-il ? Je ne te reconnais plus !
-Mais que t’arrive-t-il, je ne te reconnais plus, se moquait-elle.
-Éléonore, arrête ça tout de suite !
-Pauvre Stan, pauvre Carl, pauvre de vous…

Stan était totalement abasourdi, jamais il n’avait vu Éléonore se conduire de cette façon. Mais alors aurait-elle menti avec la complicité de son collègue ? Si oui, pourquoi ? Dans quel but ?
Qu’allait-il se passer réellement ce soir ?

A suivre… OW_banner_97937

 

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