Pourquoi vouloir plaire à tout le monde ?

Etre « bien vu »

Après avoir essuyé quelques remarques concernant ma façon de voir et d’appréhender ma maladie dans mes articles, et après la publication de mon premier roman, je me suis penchée sur la « Bienséance ». Terme pompeux tout autant que son « concept ». Bien entendu, comme beaucoup, j’ai moi aussi fait preuve quelquefois de bienséance. Cependant, c’est une attitude qui doit se limiter à l’obligation. Il y a la bienséance qui est : le savoir-vivre et il y a celle qui est : de convenance. Malheureusement, elle est utilisée de façon inappropriée, par tous et tous les jours dans le but d’être « bien vu ». Mais pourquoi ?

Cette société qui juge son voisin en permanence mène certains à vouloir éviter le regard des autres. Nous pouvons facilement nous retrouver devant des comportements qui ne relèvent plus de la bienséance mais de l’hypocrisie, de la dissimulation voire parfois de l’affabulation afin d’attirer ou au contraire fuir le regard extérieur. Mais alors, où est la frontière ? Difficile à dire…

Conséquence d’un comportement

Cette bienséance, bien que parfois détestable, peut être salvatrice et indispensable dans des domaines comme le show business, en politique, dans le médical, dans des métiers ou la diplomatie est nécessaire et bien d’autres. Cependant, je persiste à croire que pour exercer certains de ces métiers où la bienséance est le mot d’ordre, il faut avoir cette envie ou ce besoin de cultiver son image et ne pas forcément montrer qui nous sommes. Pourquoi ? Parce-que si notre personnalité n’est pas en accord avec notre métier, nous risquons quelques représailles pouvant nuire à notre image et par conséquent à notre avenir. Dans ce cas, nous pouvons aisément comprendre ce comportement. Alors pourquoi choisir l’un de ces métiers me direz-vous ? Soit parce-que l’on ne s’attend pas à devoir adopter des comportements différents de sa personnalité (mauvaise évaluation des caractéristiques d’un métier) ou soit par un choix en toutes connaissances de causes qui ne dérangent pas ou parce-que changer de casquette fait partie de notre personnalité . Si les conséquences d’un manque de bienséance peuvent être dramatiques, c’est à cause et uniquement à cause « de l’autre ». Si nous ne redoutions pas la réaction de notre prochain, si chaque personne partait en quête de compréhension de l’action de chacun, la bienséance n’existerait pas. Nous pourrions être nous-même, pouvant compter sur un regard compréhensif « de l’autre », se disant que celui-ci tentera de déterminer les rouages de notre personnalité jusqu’à comprendre son cheminement et sa finalité. Mais la tendance est au raccourci…

Que faire et comment le faire ?

L’éthique, l’usage, les convenances, tout ce qui empêche la spontanéité. Comment et à quel moment appliquer ses codes ? Pour le respect de l’autre, oui : respect de son interlocuteur. Pour le plaisir de l’autre, oui : altruisme. Dans le cadre de son travail, oui : partie intégrante d’un contrat. Mais le reste du temps ? Pourquoi vouloir plaire à tout prix ? Pourquoi vouloir l’attention de personnes qui ne vous voient pas mais qui voient une autre personne : celle que vous montrez, pas celle que vous êtes ?
Si rien ne vous y oblige, à part votre alter ego, votre orgueil, pourquoi ce besoin ? Sans doute par un cruel manque de confiance en soi. Oui, oui, même si bon nombre peine à l’admettre ! Je suis passée par cette étape il y a bien longtemps. Je vous reconnais vous autres « je suis bien dans mes pompes » mais qui tentent de s’en convaincre. Pour ça, encore faut-il être conscient de soi, de ses défauts, de ses failles mais surtout de les reconnaître, non pas intérieurement mais aux yeux des autres. Vous serez plus crédibles, plus entendus, mieux perçus et mieux compris et beaucoup plus excusables quand vous commettez une erreur.

Etre soi même

Pour toutes ces raisons, je préfère être peu entourée mais bien entourée. Je continuerai à pratiquer la bienséance seulement quand elle est utile car entre nous je la dédaigne un peu. Mais je ne le ferai que dans l’intérêt de l’autre, pas dans le mien. Par conséquent, je continuerai à dire ce que je pense sur les sujets que je connais, que je maîtrise. De supposer sur les sujets encore un peu flous et de me taire et me documenter sur les sujets que je ne maîtrise pas. J’entends déjà les pointilleux : si c’est dans l’intérêt de l’autre, pourquoi parfois être si tranchante au risque de blesser ou de vexer ? Simplement parce-que le choc provoqué est dans l’intérêt de l’autre. Sur l’instant, nous pouvons ressentir une indignation, un malaise à lecture ou à l’entente d’un avis. Mais cet avis tranché n’existe que dans le but de nous faire réagir et ainsi, avec du recul, nous amener à admettre que finalement c’est peut-être vrai (  j’ai bien dit : peut-être) et donc d’évoluer. Et si nous ne sommes toujours pas d’accord, c’est peut-être parce-que nous ne sommes prêts ni à entendre ni à voir ou simplement parce-que nous voyons les choses autrement. Si voir les choses différemment nous comble, dans ce cas nul besoin de s’insurger ou débattre, ce serait vouloir convaincre alors que nous sommes juste différents. Mais si l’on insurge face à un avis différent, c’est peut-être parce-que nous sommes conscients que c’est une vérité que nous sommes à ce moment précis incapable d’accepter ou de mettre en pratique. Dans d’autres cas, c’est parce-que nos arguments et preuves parlent d’elles-mêmes mais que nous avons face à nous la mauvaise foi incarnée ! Ha… la mauvaise foi, un autre sujet !

On ne peut pas plaire à tout le monde

Dans cette société hétérogène (et heureusement), il est impossible de plaire à tout le monde. N’est-ce pas ce qui finalement nous aide à trouver notre place ? A moins de dépasser les limites de la bienséance et sombrer dans une hypocrisie dangereuse, une cafardise répugnante. Et je ne vous parle même pas de ceux que la mythomanie emporte, partant d’un fait réel exagéré et amplifié à seule fin de capter l’attention, la compassion, la pitié ( quelle horreur ! ) sans se rendre compte qu’ils véhiculent une image dégradante plus qu’intéressante. Pour ce qui est de ceux qui s’inventent une vie, cela relève de la psychiatrie, ça dépasse mes compétences ! Hors sujet 😜
Plutôt qu’essayer de plaire à tout le monde, ne vaut-il pas mieux cultiver, améliorer et approfondir les relations qui vous correspondent ? C’est un peu ce qu’il se passe quand je publie un roman ou un article. Les avis contraires peuvent être très enrichissant, tout dépend comment ils sont formulés ( tiens, la voilà la bienséance ! 😊 )

S’engager, se positionner c’est prendre un risque

Le problème reste l’engagement. Nous aimerions parfois nous engager sur un sujet, mais nous redoutons le retour. Si nous sommes une personne lambda peu importe. Mais quand nous avons une image à défendre, c’est plus compliqué. Pourtant, être soi et réussir ne sont pas deux choses incompatibles. De beaux exemples existent. Le premier est Serge Gainsbourg et nous pourrions citer aussi Coluche bien qu’il ait parfois arrondi les angles.  Savoir prendre des risques peut nous mener au plus haut. Ne pas mesurer ces risques peut nous faire tomber très bas. Elle est peut-être là la frontière entre la bienséance et le cirage de pompes, la chafouinerie et autre tartufferie !

Ceci étant dit, prendre position est un risque que je continuerai à prendre car je reste souple concernant les avis contraires. J’aime l’échange et me convaincre est possible à partir du moment où l’on a des arguments solides. Trop de personnes continuent à prêcher sans apporter de réel fondement à une rhétorique parfois médiocre. Je reste convaincue que certaines de mes convictions sont fausses. Comme tous ceux qui acceptent de se tromper, je garde ses convictions jusqu’à preuve du contraire. J’en ai fait l’expérience après la publication de mon premier roman. Il manque de maturité littéraire, oui c’est vrai.  Le nier serait tuer mes ambitions. Si je veux évoluer, je dois admettre que celui-ci n’est pas parfait. Mais la bienséance (ha la voilà ! ) veut que les avis émis soient dans un but d’évolution donc exposés sans mépris ni dédain. On aime ou on n’aime pas, il faut le dire avec justesse.

J’ai envie de vous dire que finalement nous ne sommes jamais totalement nous-même et que la bienséance est aussi utile que regrettable.  A noter que les personnes radicalement authentiques sont souvent en marges et incompris à part peut-être si nous possédons un quelconque pouvoir ou notoriété…

L’assomption de ce que nous sommes, de qui nous sommes est primordiale certes, mais ça ne doit pas avoir de conséquences sur les autres, d’où la bienséance. Il est utile de rappeler que si nous assumons la personne que nous sommes, alors nous devons assumer ce qui en découle : les remarques, les distances, les désaccords, les silences, les querelles, etc… Sinon nous devrons faire preuve de bienséance que nous l’aimions ou pas ! 😜

 

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